Pour l'amour du sport autour de Toulon!
Il s'était pourtant levé tôt pour esquiver la châleur et le mistral sur le retour. Depuis près de trois heures il traçait laborieusement son sillon. Malgré toute sa bonne volonté concentrée sur deux minuscules pédales, il se traînait. Tanqué là sur l'un des ces nièmes raidillons reliant les lacets, il l'aperçut là-bas, droit devant, à une centaine de coups de gambettes.
Revêtu d'un gilet fluo, le gaillard tirait tranquillement sur sa clop à l'ombre d'un chêne-liège à deux pas de sa machine. Cette fraîcheur à portée de la main, insidieusement, se glissa au beau milieu des neurones du cycliste et commença à creuser une funeste termitière. Les relents de tabac lui parvenaient, portés par le vent. Lui le sportif convaincu planté sur sa bécane se surprit à envier le mégot.
Fausto parvint bientôt à hauteur de l'ouvrier et lui à bout de sa gitane. La branleuse, infernale invention pour compacter la terre, reprit son tapage. Omar, l'ouvrier DDiste, matait fixement le vélo qui lentement le dépassait. Il se serait bien vu juché sur ce biclou, la chemisette ouverte sur l'air caressant des collines. La châleur, Omar, il la domine depuis tellement longtemps! Elle est rivée dans ses gênes alors ce n'est pas un ridicule 26°C même majoré par une de ces grimpettes qui l'arrêterait!
Fausto s'estompait peu à peu lorsque Omar fut arraché à son escapade sur deux roues par le déchirement assourdissant d'un Airbus en approche des pistes de Hyères. Par l'un des hublots, Germain, touriste parisien pas dans le besoin, glissait un oeil sur la baie. Malgré les contraintes de la descente, la clim réglait instantanément le sort à la plus petite des gouttes de sueur.
Germain piaffait! Dès ce soir, il allait préparer son dernier vélo tout carbone et demain de bonne heure demain, il le guiderait vers le Col de Canadel. Cette petite virée de début de congés ne devrait pas le ramener à la villa trop tard dans la matinée et ainsi, il aurait tout le temps de bêcher quelques m2 pour planter ses tomates.